Le dictionnaire d'artistes de marine



La pêche, est une activité humaine depuis la nuit des temps. On trouve des prémices de représentation de pêche dès l’Ancienne Egypte. On sait bien entendus qu’en Grèce Antique, la population de pécheurs était nombreuse à travers les iles.

Dans toutes les civilisations du monde, la pêche a été présente dès leurs débuts, ainsi la mosaïque de la salle méridionale du Palais de Théodore, Italie, Vème siècle.

 

Mais cela reste de la pêche côtière, jusqu’au 15-16ème siècle, ou les pécheurs partent jusqu’à Terre Neuve pour pêcher la morue. La pêche en haute mer se met en place notamment en Hollande et dans les autres pays du Nord de l’Europe. La mer faisant partie entière du paysage et de leur quotidien, une partie de la population en fait son gagne-pain. La mer devient outil commercial, corne d’abondance.

Les artistes, présents sur les côtes hollandaises, répondant à des commandes d’armateurs, peignent leurs flottes de pêche. L’artiste n’étant pas enclin d’aller en mer, il crée souvent des retours de pêche, scènes côtières. L’activité du monde de la pêche devient un centre d’intérêt pour les artistes, lorsqu’à la recherche d’un sujet pour leur peinture. Réalistes, ils croquent la dure vie des pêcheurs.

Plusieurs artistes se sont intéressé au sujet de la pêche de rivages, surtout à partir de la fin du 18ème, qui dépeigne les reflets lumineux de marée basse, les figures des hommes, femmes et enfant penchés, ramassant les coquillages et autres. Contrairement à la pêche en mer, ces scènes désuètes reflètent la vie quotidienne de ceux restés à terre, travaillant ce que la mer leur a laissé pour vivre. Les artistes qui n’ont pas une grande connaissance des navires, se plaisent à peindre cette activité, qui est pour eux un superbe sujet sur la condition de vie des peuples marins.

L’atmosphère, la lumière, les couleurs de l’environnement seront  particulièrement appréciés des impressionnistes.

La pêche à la baleine, cet être mythique, est bien entendue une représentation courante, pour le courage, la violence requise de cet acte. C’est bien entendu, par l’animal chassé un sujet apprécié des allégories et métaphores habituelles du 16-18ème. Les œuvres sont principalement diffusées par la gravure, parfaite représentation du danger que les hommes partent rencontrer face à la mer et ses créatures diaboliques.

Les premières représentations de la pêche en haute mer, sont principalement œuvres de pêcheurs, qui passé l’âge de partir, mais toujours vivant, peignaient leurs souvenirs. Bien sûr, certains artistes, écoutant peu leur courage mais beaucoup les récits et mythes, s’en inspiraient pour peindre des scènes de haute mer dramatiques, voir effrayantes.

Ce n’est véritablement que courant 18ème, les artistes prennent leur courage à deux mains et pose leur pieds sur un navire. Arrivés dans l’action, ils documentent les trajets, la vie, la dureté de la pêche en haute mer. Au 19ème siècle, un engouement pour ces thèmes se met en place. Univers cruel, inspiration de nombreux récits (Jack London…), les réalistes et les Romantiques, curieux ou connaisseurs, partent à la rencontre sur les côtes de ce peuple particulièrement endurci.

En France, Garneray et Delacroix, originaire de Boulogne sur Mer popularisent ce thème. Extrêmement documentés, ils sont à l’opposé d’Isabey, qui dramatise ses sujets.

Nombre d’artistes s’installent sur la côte, le sujet devient populaire, apparait même au théâtre (“le pêcheur” opéra-comique). Citons aussi Eugène Boudin qui a de nombreuse fois dépeint la vie des pêcheurs, connaissant assez bien le sujets, son père était pêcheur.

Aujourd’hui, bien que certains artistes s’attèlent toujours à représenter la pêche professionnelle, un certain nombre d’artistes américains se sont intéressé à la pêche sportive, notamment Guy Harvey, maitre du genre. Couleur vive, dessin marqué, tout le tableau reste concentré sur l’action. Le poisson se débattant, la ligne tendue, tout est dans la tension de l’évènement.