Le dictionnaire d'artistes de marine



 

Grands voiliers

Les voiliers ont dominé les mers pendant des siècles, ce, à toutes fins. On entendra ici par grands voiliers, les cathédrales de toiles qui ont été construites grâce aux progrès de l'architecture navale, du milieu du 19ème siècle au début du 20ème. 

Peinture de Griffin.

LES CLIPPERS

Il est important de s’attarder sur l’origine de ces navires qui ont formé l’apogée de la navigation à voile en poussant les constructions et les équipages à l’extrême. La beauté de ces majestueuses cathédrales de toile, la puissance qui s’en dégage, le défi aux éléments ainsi qu’une indéniable invitation au voyage en firent le sujet de milliers d’œuvres de marine tant à leur époque qu’encore actuellement.  C’est une partie essentielle de l’histoire maritime mondiale.
Après la chute de Napoléon en 1815, la paix revient enfin entre les deux grandes puissances de l’époque, France et Angleterre, et le commerce maritime va se redévelopper, puis bientôt exploser. Dès 1820, se créent des lignes de transatlantiques pour passagers avec des « packet ships » d’ou viendra le mot « paquebot ». De grandes compagnies se montent, assurant des liaisons régulières, de plus en plus rapides, rapidité qui devient un argument commercial de poids dans la compétition.
En parallèle, les échanges avec la Chine se développent, essentiellement autour du commerce du thé, de plus en plus en vogue en Europe, notamment en Angleterre, laquelle va longtemps en garder le monopole commercial. Or, plus le thé était frais, plus il était apprécié et payé cher, notamment la première récolte qui arrivait à bon port.
De ces deux facteurs, va naitre de nouvelles générations de navire, ou la vitesse devient dans les principes de la construction, un élément tout aussi important que la capacité de transport. Les Américains, mélangeant le savoir faire de multiples immigrants à leur propre expérience vont rapidement dominer le marché de la construction, sans pour autant laisser les chantiers de Liverpool, Bordeaux ou Nantes inactifs.

 La Ruée vers l’Or

Le 24 Janvier 1848, survient un événement qui va entrainer une gigantesque migration humaine volontaire et bouleverser toute l’activité maritime : La découverte d’une pépite d’or par James Marshall dans le Colorado. San Francisco, petit village paisible d’environ 500 âmes en 1848 et n’ayant vu s’y arrêter que deux navires dans l’année, va en voir 775 l’année suivante déversant 91.105 passagers, sa population passant à 60.000 en 1851.
La fièvre de l’or était tellement forte que beaucoup de navires furent abandonnés par capitaines et équipages à peine l’ancre jetée. Il fallut ensuite approvisionner cette nouvelle côte Ouest, encore dépourvue d’une liaison de chemin de fer, et ce toujours par le Cap Horn. Le « Sea Witch » fit une fois la liaison New York – San Francisco en 97 jours seulement, la vente de la cargaison se montant à quatre fois le coût de la construction du navire.
La Grande apogée de ces maitres des mers peut se situer en 1854-1855 où près de 125 Clippers furent lancés en pas moins d’une seule année aux Etats-Unis. Y survint ensuite une période de récession, suivie de la guerre de Sécession qui ne favorisèrent pas le commerce. Les Anglais par contre, continuèrent à construire ces rapides navires tant pour la contrebande d’opium entre l’Inde et la Chine que pour s’alimenter en thé. Plus discrètement, les clippers français firent un remarquable et continu travail de commerce, surtout avec l’Amérique du Sud, avec des compagnies solides et réputées, telle l'Armement Bordes.  Progressivement, les navires à vapeur supplantèrent la marine à voile, et le dernier clipper fut construit en 1875 et n’était plus en bois. A noter qu’un des plus fameux, le « Cutty Sark » est conservé à Greenwich, Angleterre, près du National Maritime Museum.


Retour à l’Art : les peintures de l’époque furent essentiellement commandées par les armateurs et les capitaines. Au delà du portrait de navires classiques et stéréotypés des « pierhead artists », présents dans tous les grands ports, se fait souvent des représentations du navire dans les  situations difficiles des grandes mers australes. Curieusement, nombre d’artistes du XXème et maintenant du XXIeème siècle restent très productifs sur le thème de ces navires d’antan. L’élément nostalgique, allié à la beauté intrinsèque des ces fiers coursiers est semble-t-il fondamental.

La « Course du Thé » de 1866

Cette course restera à jamais célèbre lorsque deux des quinze clippers partis le même jour de Chine remontèrent la Manche au coude à coude après deux mois et demi de navigation. Le « Taeping », bien qu’un peu derrière, ne l’emporta sur « l’Ariel » que grâce à la vitesse de son remorqueur sur la Tamise. Les armateurs, élégamment décidèrent de se partager la prime.

 

De nombreux artistes ont beaucoup oeuvré sur ce thème, tels Brereton, Dawson, Dews, Gardner, Spurling... à l'étranger et pour la France, citons Chapelet, Fouillé, Haffner, Marin-Marie...


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